Clef 1 : L’OBSERVATION

Extrait tiré du livre "En Chemin vers Soi , les 7 Clefs"

Voici la première clef de la S.T.E. : l’Observation. Première clef de la S.T.E., mais aussi première étape indispensable avant la mise en place d’un processus, quel qu’il soit.

En effet, comment entrer en action si l’on n’a pas pris le temps d’établir le constat de la situation ?

Cela devrait être toujours ainsi, mais cela l’est-il vraiment ?

Observez votre façon de fonctionner. N’avez-vous pas l’impression que vos émotions vous poussent à l’action - ou à la non-action - avant d’avoir pu analyser avec lucidité l’événement que vous rencontrez ? Combien de fois n’avez-vous pas regretté d’avoir fait, dit ou pensé telle ou telle chose ? Cela vous viendrait-il à l’idée d’agir de même pour la préparation de votre repas ? Jetez-vous les ingrédients dans votre casserole sans avoir au préalable « observé » s’ils entraient dans la composition de votre recette ?

Mais voilà, nous sommes des êtres doués d’émotions, parfois exacerbées, et avant d’avoir eu le temps de réfléchir, le mal est fait... ou le bien ! Oui, le bien aussi. Si nous pouvons parfois regretter d’avoir eu des mots qui dépassaient notre pensée (cette expression est d’ailleurs fausse. En fait, ces mots correspondaient à la pensée du moment. C’est la pensée du moment qui pouvait ne pas correspondre à la pensée d’avant ni à celle d’après, mais les mots ont traduit la pensée de l’instant, qui elle-même était la traduction de maux intérieurs) donc, si nous pouvons parfois regretter d’avoir eu des mots qui dépassaient notre pensée, c’est qu’une souffrance a été réveillée par un propos tenu ou un acte accompli par un tiers - puisse-t-on idolâtrer ce tiers - cette souffrance a alors soulevé la vague d’une émotion qui, non contrôlée, nous a porté à « des mots dépassant notre pensée » ou à des actes regrettés par la suite. Pour cette raison, il est essentiel, lorsque nous réagissons contre nous ou contre un tiers, de ne jamais perdre de vue que c’est juste une facette qui réagit contre une autre facette.

Les mots qui ont « dépassé notre pensée » étaient dirigés, non contre l’ensemble de la personne, mais contre une attitude ou une parole qui nous a blessés ou dérangés. Reconnaissons bien cette différence et sachons l’expliquer aussi. Beaucoup d’enfants souffrent d’être rejetés lorsqu’ils se font disputer avec des mots parfois très violents. Le recul (l’après – situation) doit permettre et autoriser à revenir sur la dispute. Osons revenir vers l’enfant (ou vers l’adulte) pour lui dire : « la facette que tu as montrée a heurté une facette de ma personne et ce sont ces deux facettes qui se sont disputées. Tout le restant s’aime et s’apprécie ». Le piège est en effet de généraliser une facette à l’ensemble d’un personnage et d’occulter ou de minimiser le reste. Si cette démarche n’est pas faite, ce personnage, surtout si c’est un enfant, va petit à petit s’apparenter à cette facette qui est mise en exergue (si cela est souvent répété) et va perdre la notion de sa globalité. Nous arrivons là à un point qui sera abordé dans le chapitre suivant - le non-jugement - et qui explique le danger du jeu de l’étiquetage auquel nous nous adonnons trop souvent.

Ca, c’était pour le « mal ». Mais comme j’ai dit plus haut : « le bien aussi », je vous donne donc un autre exemple couramment employé par les médias. Prenons une émission de télévision à une heure de grande écoute, quelques images bien cadrées, quelques paroles adéquates... et cela suffit à faire naître les émotions qui conduisent tout droit au chéquier !... C’est bien vu, non ? Peut-être que c’est un peu trop manipulé quand même, alors, ce qui est le mieux, c’est l’émotion positive qui naît de soi sans avoir besoin de journalistes pour venir la réveiller et la canaliser. Là je ne donne pas d’exemples, ils sont trop nombreux.

Je reprends le cours de la logique décrite plus haut : « Nous arrivons là à un point qui sera abordé dans le chapitre suivant - le non-jugement - et qui explique le danger du jeu de l’étiquetage auquel nous nous adonnons trop souvent ».

Cela vous paraît curieux ? Réfléchissez... L’étiquetage va consister à recouvrir une personne d’une image qu’elle peut ou a pu montrer à certains moments. On va alors penser ou parler d’elle en faisant ressortir en premier son côté « sournois », « colérique », son « manque de ponctualité », etc… (pour les facettes négatives) et on occulte ou minimise toutes les autres facettes de cette personne. On oublie ou minimise son côté « généreux », « sérieux », ses capacités à « dénouer des situations délicates » ou, si ces capacités sont reconnues de temps à autre, un « oui, mais… » va de suite faire ressortir les défauts dont on veut l’affubler.

Ce qui est ennuyeux, c’est qu’une étiquette, ça colle à la peau, et 20 ou 30 ans après, des personnes se traînent encore ce qu’on leur a mis sur le dos à un moment de leur existence.

Si ces étiquettes sont apposées sur les individus, elles le sont aussi sur les événements. Le chômage est « forcément » dramatique, la vie se gagne « forcément » à la sueur de son front, la maladie est « forcément » la faute à pas de chance, la femme qui multiplie les amants est « forcément » une putain et l’homme qui multiplie les maîtresses est « forcément » un Don Juan (sauf s’il est marié ; là il gagne le statut de salaud). Ca laisse peu de place à l’ouverture d’esprit tout ça, non ? « Accusez, levez-vous ! »

Mais avez-vous pris conscience que, si vous collez des étiquettes sur le dos des autres, vous acceptez qu’on vous en colle aussi ? N’avez-vous jamais eu envie de dire à vos proches : « mais non, je ne suis pas comme ça ! » ? Mais ces proches vous aiment comme ils vous voient, ou imaginent vous voir, alors, pour être sûr(e) de garder leur amour vous gardez votre étiquette, parce que sur eux vous avez collé l’étiquette : « si je ne suis pas comme ça, ils ne m’aimeront plus comme avant ».

Cruel dilemme !

- ( la petite voix) : "Tu parles des étiquettes négatives, mais il y en a des positives qui ne sont pas désagréables…" ...

 
 
 
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